jeudi 3 janvier 2019
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Agir en prison, une démarche artistique pour la réinsertion sociale

Agir en prison, une démarche artistique pour la réinsertion sociale

Le collectif Art Entr’Elles présente une exposition multidisciplinaire intitulée Agir en prison jusqu’au 21 avril à la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce.
Au total, sept artistes professionnels et 20 artistes communautaires ont participé au projet d’exposition présentant 25 œuvres, allant de la photographie à la vidéo, en passant par la sculpture et des installations.
Ces œuvres ont été réalisées par des femmes artistes judiciarisées accompagnées d’artistes professionnels. Selon la responsable du collectif, Geneviève Fortin, c’est une façon pour ces femmes de s’affirmer à travers leur œuvre et de se faire connaître autrement que par les actes qui leur ont été reprochés.
L’artiste communautaire Suzie Hunt, jumelée à l’artiste professionnelle, Melissa Morris, a réalisé un court-métrage. «Ça démontre la détermination d’une personne à se transformer. Il s’intitule La fin du début. C’est un face à face avec moi-même. Je voulais passer le message de ce que j’aurais aimé que le monde fasse pour moi : écouter vos enfants», fait savoir Suzie Hunt. La vidéo est divisée en quatre extraits qui traitent de la survie, de la déchéance et de la libération.
L’artiste professionnel Daniel Rodriguez s’est joint à la démarche de deux artistes communautaires. Avec la première, il a conçu deux installations alliant le miroir, répondant aux thèmes, face à face et du miroir, suggérés. Avec la deuxième, il a réalisé une vidéo montée à la façon d’un tableau. «Ça ressemble à un tableau de peinture. La particularité avec cette œuvre, c’est que la femme a été privée de sa liberté pendant la démarche artistique. Notre œuvre est devenue un moyen de communication entre l’intérieur et l’extérieur puisque nous avons continué le projet par des lettres et des coups de téléphone. Nous avons utilisé mes yeux comme si c’était les siens en réalisant une métaphore de sa situation avec une maison en démolition», raconte Daniel Rodriguez.
Dans les deux cas, la démarche artistique «a été un travail collectif» inspiré par les expériences de chacune des femmes. «Ça a été un travail d’introspection, d’une dimension personnelle à une dimension sociale», soutient-il.
«J’ai découvert que j’avais des talents créatifs. Ça m’a permis de m’exprimer, de grandir. Cette expérience m’a donné confiance en moi. Ça m’a donné un cadre pour marcher la tête haute. Sans tourner le dos à mon passé, ça m’a envoyé un message d’espoir», mentionne l’artiste Hunt.
Situé dans le quartier Saint-Henri, Art Entr’Elles est un collectif de femmes artistes, existant depuis 2009. La création artistique fait partie du processus de réinsertion sociale de celles-ci. L’exposition est présentée par le collectif Art Entr’Elles en association avec la Société Elizabeth Fry du Québec (SEFQ) et Continuité-famille auprès des détenues. L’objectif est de sensibiliser la population aux défis que représente la réinsertion sociale des femmes ayant eu des démêlés avec la justice et susciter une réflexion critique sur le recours à l’incarcération et sur les mesures alternatives à l’emprisonnement.
L’exposition Agir en prison se poursuit jusqu’au 21 avril à la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce.

Josianne Haspeck
Photo gracieuseté

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