Dimanche 15 février 2015
online casinos
Dernières nouvelles / Breaking news
Vous êtes ici: Accueil » Chroniques / Column » Opinions » EDITORIAL Une réforme en profondeur de la CDEC s’impose

EDITORIAL Une réforme en profondeur de la CDEC s’impose

Le gouvernement du Québec envisage la disparition des Centres locaux de développement (CLD) ainsi que celle des Corporations de développement économique (CDEC). Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, veut transférer la responsabilité du développement économique territorial aux élus municipaux. En leur remettant 32 M$, Québec espère ainsi économiser 40 des 72 M$ affectés actuellement pour l’ensemble du Québec soit 55 % du budget. Le premier ministre Philippe Couillard ne s’attaque pas à leur mission, mais à leur structure. Selon lui, les municipalités peuvent continuer de remplir cette mission sans pour autant maintenir une organisation coûteuse.

Dans mon analyse des états financiers de la CDEC CDN-NDG, je constate que 60 à 65 % du budget total des dépenses (1 782 563 $) pour l’année terminée le 31 mars 2014 est affecté à l’administration de l’organisme, aux dépens de la mission et du mandat même de la CDEC.
Comme l’indique le point 2 de ses statuts et règlements, le mandat fondamental de la CDEC est de favoriser et d’enraciner le développement économique et social du territoire à travers la prise en charge des moyens et des outils adaptés à la réalité locale par les acteurs du milieu. Autrement dit, la CDEC, qui a maintenant 22 ans d’existence, devait s’enraciner dans son milieu afin de bien cerner les besoins sociaux et économiques et de soutenir par des actions concrètes les différents acteurs du milieu.
Pourtant, la CDEC a moins de 200 membres (180) issus de la population, des milieux socio-communautaires, des entreprises, commerces, travailleurs autonomes, institutions et milieux syndicaux. Sa légitimité repose sur moins de 0,1% de ce qu’elle est censée représenter. Cette réalité se reflète dans ses états financiers. Les cotisations de ses membres totalisent 1912 $ pour une année, ce qui représente environ 0,1% de son budget de fonctionnement de 1 827 082 $. On ne peut guère prétendre qu’elle ait relevé le défi de l’enracinement.
Pour ce qui est du soutien aux organismes, bon nombre déplore que la CDEC se substitue à eux plutôt que de les soutenir. Pour cela, des fonds qui devaient servir à des organismes ont finalement servi à alourdir l’administration interne.
Au fil des ans, plusieurs voix dont la mienne se sont élevées, mais les dirigeants de la CDEC ont fait la sourde oreille.
Par ailleurs, il y aurait bien des critiques à formuler sur la gestion des programmes Jeunes entrepreneurs, Fonds locaux d’investissement, Fonds locaux de solidarité et maintes autres actions.
Que faisaient durant ces années les membres du conseil d’administration et sa présidente? Que faisaient les bailleurs de fonds?

Pour moi qui fis partie d’un petit groupe des six membres fondateurs de la CDEC voilà 24 ans et qui n’ai jamais cessé d’être un membre cotisant depuis sa création, c’est un bien triste bilan.
Selon certaines rumeurs, la Chambre de commerce tente d’obtenir ce mandat. Avec un modèle basé sur la proximité, la concertation et l’imputabilité, la CDEC demeure encore l’outil approprié pour le développement social, culturel et économique du territoire.
Il faudra lutter contre son démantèlement à condition toutefois qu’une réforme en profondeur soit faite maintenant et qu’elle soit réalisée par de nouveaux dirigeants, l’équipe actuelle n’ayant pas cette crédibilité.

Victor Afriat, éditeur

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Scroll To Top