Samedi 27 Août 2011  
Projet Montréal lance une pétition pour amasser des signatures afin d’entamer une réflexion vers l’adoption d’une stratégie pour mieux encadrer la pratique de l’agriculture urbaine afin qu’elle soit exploitée à son plein potentiel à Montréal.





























Ma « montée de lait » privée que je veux rendre publique!
Article mis en ligne le jeudi 15 avril 2010

Le budget est arrivé!
Nous devrons tous nous serrer la ceinture… même nos écoles publiques!
Pourtant, qu’advient-il des écoles privées? Rien, elles ne mettront pas la main à la pâte.

Nous plaçons 45 % de nos impôts dans le système de la santé. Je ne suis pas économiste, mais j’observe. Est-ce que nous pouvons vraiment mettre plus d’argent dans cette enveloppe sans heurter les autres programmes? Je crois que ce serait très difficile! Le gouvernement a décidé d’instaurer une nouvelle taxe qui sera directement affectée au système de la santé, dont – je crois – nous aurons bientôt besoin puisque nous sommes dans une société vieillissante. Certains programmes seront revus ou changés.

Le deuxième poste budgétaire de notre état, c’est l’éducation. Les coûts de système sont présents dans le budget, mais les commissions scolaires et le ministère de l’Éducation devront faire des compressions en ce qui concerne leurs cadres. Ainsi, un sur deux ne sera pas remplacé au moment d’un départ.
Mais qui n’est pas touché? Qui aurait dû être touché? Les écoles privées!

Elles continueront à être financées à hauteur de 60 % par des fonds publics. De plus, le 40 % restant des frais de scolarité ainsi que les autres services (services après l’école, surveillance à l’heure du midi, etc.) payés par les familles qui fréquentent les écoles privées sont déductibles d’impôts. Ne sommes-nous pas ici face à une incongruité?

Les familles qui choisissent les écoles publiques pour les valeurs qu’elles représentent ou les familles qui ne peuvent pas se permettre de payer les frais de scolarité des établissements privés DOIVENT aussi payer pour le choix des familles qui fréquentent les écoles privées. Nous pouvons tous fréquenter les écoles publiques, mais l’inverse n’est pas vrai.

Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas fait le choix, même symbolique, de baisser les subventions du système privé pour faire passer le 60 % à un pourcentage inférieur à 50 %? Je crois que financer le système privé à 40 % n’aurait pas affecté le choix des familles qui tiennent vraiment à ces écoles. Au lieu de cela, nous effectuons des compressions dans le système public.

Les taxes scolaires augmentent, direz-vous? Sachez que les sommes collectées par la taxation sont déduites des subventions remises par le ministère de l’Éducation.

Abolissons les commissions scolaires, direz-vous? Nous savons pourtant qu’il y a une économie d’échelle: les services informatiques de la Commission scolaire sont là pour toutes les écoles qui ne pourraient pas se payer l’expertise; le Service des ressources humaines gère toutes les conventions collectives, les affichages de postes, l’emploi, les paies.

Abolissons les commissaires scolaires, direz-vous? Ma réponse à cela manque certainement d’objectivité! Les élus qui représentent les citoyens le font par passion – certainement pas pour le salaire – et ce, à tous les paliers gouvernementaux, bien que seulement une infime partie de la population
prenne les 10 minutes nécessaires pour aller voter aux quatre ans. Les commissaires scolaires passent quotidiennement des heures à représenter tous les citoyens, qu’ils aient voté ou non, à les servir, à répondre à leurs questions individuellement, à travailler à la réussite des élèves, à accompagner certaines familles dans leur démarche. Ils créent des liens pour les établissements scolaires, sont à l’écoute des besoins des communautés, informent le grand public, sont redevables à la société. Et j’en passe!

Où doivent se faire les compressions? Même si je fréquente une commission scolaire depuis huit ans et que je vois le travail qui s’y fait, je ne le sais vraiment pas. Nos écoles ont besoin d’être rénovées et nous avons l’obligation de contribuer aux efforts en économie d’énergie et en développement durable. Nos bâtiments sont désuets et nous devons les mettre aux normes.

En outre, comme société, nous devrions offrir ce qu’il y a de mieux en nouvelles technologies, livres, dictionnaires, services spécialisés. N’oublions pas que nous nous devons aussi d’appuyer les programmes particuliers, la musique, les arts dramatiques, le multimédia, la science, les sports. Or, cela entraîne des coûts : l’achat d’instruments de musique, la construction d’auditoriums, des directeurs artistiques, l’entretien des gymnases et des équipements sportifs. Je vous le demande, devrions-nous effectuer des compressions dans ces achats ou services? Non! Nous avons déjà de la difficulté à les financer, nous demandons aux Services financiers de la commission scolaire de trouver l’argent. Il n’est pas possible d’y imposer des restrictions!

Nos enseignants? Nous ne pouvons pas leur imposer des compressions, à eux non plus! Est-ce que certains enseignants devraient aller en formation ou même quitter le travail? J’ai bien peur que oui! Mais est-ce que les enseignants des écoles publiques sont qualifiés, professionnels et passionnés? À cela, je dis oui, dans un pourcentage dépassant les 95 %. Pour les 5 % en difficulté, nous avons besoin de ressources d’aide et d’accompagnement. Il ne faut certainement pas réduire les ressources!

Alors, pourquoi ne pas diminuer le pourcentage des subventions des établissements privés et remettre les sommes ainsi économisées aux établissements publics auxquels la société au grand complet peut avoir accès? Comme société, nous nous sommes dotés d’une éducation publique avec des valeurs québécoises et une qualité d’enseignement.

Investissons de façon juste afin que tous les élèves du Québec puissent avoir accès à des services et à des équipements de haute qualité. Renversons la vapeur afin que l’éducation publique soit notre fierté. Les élèves des écoles publiques sont notre avenir.

Collectivement, nous devrions tous mettre la main à la pâte pour soutenir les joyaux que sont les écoles publiques, pour qu’elles soient à la hauteur des attentes de notre société et pour que tous les élèves du Québec puissent bénéficier de services de haute qualité!

Marie-José Mastromonaco
Commissaire scolaire de NDG






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